Dès mes premiers pas sur les pavés de Turin, entre l’ombre des arcades élégantes et le parfum d’espresso flottant depuis les terrasses, j’ai compris que cette ville italienne avait quelque chose d’unique, quelque chose qui méritait d’être ramené dans mes valises. Pas uniquement pour moi, mais pour tous ceux que j’aime, curieux de goûter un peu de cette atmosphère piémontaise. Pour les voyageurs qui découvrent Turin pour la première fois, voici dix idées de souvenirs authentiques, chargés d’émotion, de goût et de beauté, à offrir ou à garder précieusement.
1. Le gianduja, la douceur emblématique du Piémont
Le gianduja est bien plus qu’un simple chocolat. C’est une émotion, un héritage, une caresse sucrée venue du cœur du Piémont. Né à Turin au XIXe siècle pendant une période de pénurie de cacao, ce mélange ingénieux de noisettes du Piémont finement broyées et de cacao a conquis les palais les plus exigeants d’Italie, puis du monde. Fondant, délicatement parfumé, le gianduja se décline aujourd’hui sous toutes les formes : en tablettes classiques, en petites bouchées dorées dans du papier fin, ou en crèmes à tartiner aussi onctueuses que gourmandes.
Mon coup de cœur absolu reste la maison Guido Gobino, une institution turinoise. Leur sélection raffinée, souvent présentée dans des boîtes aux illustrations artistiques ou dans des coffrets minimalistes en bois, raconte à chaque bouchée l’histoire de la ville et la passion de l’artisanat. J’ai passé plus d’une heure dans leur boutique à discuter avec le personnel, humant les effluves torréfiés, goûtant des morceaux délicats, hésitant entre les variétés enrichies à l’orange confite ou celles plus classiques. Finalement, j’ai ramené plusieurs boîtes : une pour ma sœur, une pour mon voisin amateur de chocolat noir, et une – évidemment – pour moi-même. Depuis mon retour, chaque carré dégusté avec un espresso me ramène immédiatement à Turin, à ses matinées fraîches, à ses rues silencieuses encore endormies sous le soleil.
Ce type de souvenir ne se contente pas d’être délicieux. Il incarne l’élégance turinoise, discrète mais affirmée, et son attachement aux racines locales. Je conseille vivement aux visiteurs de faire le détour par les boutiques spécialisées comme celles de Peyrano ou Venchi, pour explorer d’autres interprétations du gianduja. Ces douceurs trouvent facilement leur place dans les valises – et dans les cœurs.
2. Les cafés historiques en grains ou moulus
Turin, c’est aussi l’odeur du café qui s’échappe des arcades au petit matin. L’histoire d’amour entre cette ville et le café est ancienne et profonde. Lavazza, l’un des géants du café italien, est né ici. Mais au‑delà des grandes marques, ce sont les torréfacteurs indépendants qui m’ont le plus touché·e. Ces artisans qui parlent du café comme d’un vin, avec respect, passion et précision.
J’ai eu un véritable coup de foudre pour Orso Laboratorio Caffè, une petite boutique nichée près de Porta Palazzo. L’odeur de grains fraîchement moulus m’a happé·e dès l’entrée. À l’intérieur, le propriétaire – un homme au regard pétillant et au tablier plein de grains de café – m’a accueilli·e avec une bienveillance rare. On a parlé des origines, des méthodes de torréfaction, de la différence entre les arômes terreux d’un arabica éthiopien et les notes chocolatées d’un mélange maison inspiré du Brésil.
J’ai finalement choisi un mélange épicé, intense, avec une pointe de cannelle, que le vendeur m’a recommandé pour mon père, fervent amateur de moka corsé. Il a aussi glissé dans mon sac un petit sachet d’un cru rare en édition limitée, « pour le plaisir de goûter chez soi quelque chose d’unique », m’a‑t‑il dit. Depuis, chaque fois que je prépare une tasse avec ces grains turinois, j’ai l’impression de revivre les matins brumeux de la ville, ses cafés somptueux comme Caffè Mulassano ou Baratti & Milano, et ce moment suspendu où l’on s’assoit sans hâte, entre deux visites de musées.
Pour celles et ceux qui cherchent un souvenir authentique et sensoriel, le café turinois en grains ou moulu est une option parfaite. Il se transporte facilement, garde son parfum longtemps, et évoque immédiatement le charme discret mais inoubliable de Turin.
3. La porcelaine artisanale piémontaise
Dans une petite boutique discrète du quartier de San Salvario, j’ai trouvé un service à espresso peint à la main, aux motifs floraux typiques du Piémont. Chaque tasse était différente, un petit chef-d’œuvre miniature. Il y avait quelque chose d’émouvant à les tenir dans la main, à en sentir la finesse, la légèreté, à imaginer l’artiste qui, avec patience et amour, avait tracé ces arabesques colorées. Ces porcelaines locales, souvent réalisées dans des ateliers familiaux transmis de génération en génération, offrent un souvenir délicat, raffiné et profondément enraciné dans l’histoire locale. Ce n’est pas un objet fabriqué en série, c’est un fragment d’âme, une expression tangible de l’élégance discrète du Piémont. J’ai pris le temps de discuter avec la propriétaire, qui m’a raconté comment son grand-père avait appris l’art de la peinture sur porcelaine à Limoges avant de revenir s’installer à Turin. J’ai trouvé cela incroyablement touchant. Je recommande vivement aux visiteurs de s’arrêter dans les boutiques d’artisanat autour de la Piazza Carlo Felice, ou de flâner dans les ruelles du Quadrilatero Romano, où les vitrines dévoilent des trésors uniques : plats décorés, figurines, lampes, et bien sûr, ces délicates tasses à café qui font chavirer les cœurs.
4. Des livres d’art et d’histoire de Turin
Turin est une ville d’intellectuels, de penseurs, de créateurs. Il y règne une atmosphère studieuse, un charme discret, presque mélancolique, qui se retrouve dans ses librairies anciennes, nichées entre deux arcades ou au fond de cours paisibles. Les librairies indépendantes sont nombreuses, et certaines se spécialisent dans l’histoire locale, les arts ou les beaux livres illustrés. Chez Luxembourg, ma librairie préférée sur la Via Accademia delle Scienze, j’ai trouvé un ouvrage splendide sur l’architecture baroque de la ville, richement illustré, que j’ai offert à ma mère. Le papier était d’une texture veloutée, les photographies capturant la lumière dorée des dômes turinois avec une précision presque magique. Emporter un livre, c’est emporter une voix, une mémoire, une manière d’habiter les lieux. C’est aussi prolonger le voyage à la maison, le soir, en feuilletant quelques pages tout en buvant un verre de Barolo. C’est, pour moi, l’un des plus beaux souvenirs que l’on puisse rapporter : un morceau de Turin à lire et relire sans fin.
5. Des objets design du Museo del Design ou du Lingotto
Turin est résolument tournée vers la création contemporaine. Au musée du design ou dans les boutiques attenantes à la Fondation Sandretto Re Rebaudengo, on peut dénicher des objets uniques : carnets en papier recyclé, stylos d’artistes, affiches de designers italiens, etc. J’y ai acheté un carnet à couverture textile brodée, souvenir pratique et poétique à la fois. Parfait pour un ami qui aime dessiner, ou pour consigner ses propres pensées de voyage.
6. Une bouteille de vermouth turinois
Le vermouth est né à Turin, et on sent cette fierté dans la manière dont les maisons historiques comme Carpano ou Martini racontent leur héritage. Je me suis offert une visite guidée dans une cave de vermouth (réservable via GetYourGuide ou Tiqets, deux plateformes que j’utilise souvent pour mes activités en ville), suivie d’une dégustation. Une petite bouteille élégante, bien emballée, a trouvé place dans ma valise. Pour les amateurs d’apéritifs, c’est un cadeau élégant et très typique.
7. Une affiche vintage du cinéma italien
Au musée national du cinéma, installé dans l’incroyable Mole Antonelliana, on trouve une boutique remplie de merveilles. Affiches de films, photos d’archives, objets dérivés de classiques italiens. J’ai craqué pour une affiche rétro de La Dolce Vita, que j’ai fait encadrer dès mon retour. Ce type de souvenir parle à tous les amoureux du septième art et donne un accent italien à n’importe quel intérieur.
8. Des accessoires en cuir faits main
Dans les ruelles proches de Via Garibaldi, je suis tombé sur un atelier de maroquinerie où les sacs sont cousus devant vous. Ce cuir souple, ces finitions parfaites… j’ai trouvé une ceinture pour mon frère et un petit porte-monnaie pour ma cousine. Le cuir turinois est réputé pour sa qualité, et acheter directement chez l’artisan, c’est soutenir un savoir-faire précieux. À noter : certaines adresses sont disponibles sur Booking.com Experiences ou via Civitatis.
9. Une écharpe en laine de Biella
Turin se trouve non loin de Biella, ville textile par excellence. Dans certaines boutiques locales, on peut trouver des écharpes en laine vierge, douces, aux motifs géométriques ou floraux inspirés des Alpes. J’en ai ramené une pour moi, chaude et élégante, que je porte désormais dès les premiers froids. C’est un cadeau qui allie utilité, beauté et lien fort avec la région.
10. Un carnet de voyage turinois personnalisé
Avant de quitter Turin, je me suis offert un carnet de voyage fabriqué à la main, avec une couverture illustrée d’un dessin de la Mole et des pages en papier recyclé. J’y ai consigné mes émotions, mes parcours, mes rencontres. Il existe des ateliers qui proposent de créer des carnets personnalisés avec votre nom ou la date de votre visite. Une idée unique à offrir à soi-même ou à quelqu’un qu’on aime.
Turin m’a appris à voyager lentement, à savourer les détails, à m’émerveiller des petites choses. Ces souvenirs que j’ai ramenés sont autant de fragments vivants de cette expérience. Pour organiser ce séjour, j’ai utilisé des plateformes comme Omio (pour les billets de train depuis Milan), Booking.com (pour mon hébergement près du parc Valentino), et TheFork (pour réserver une table au restaurant historique Del Cambio). Ces outils m’ont facilité la vie, laissant plus de place à l’imprévu, à la rencontre, à l’émotion. Et c’est peut-être cela, au fond, le plus beau souvenir.